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Mycose des pieds : symptômes et traitement

Démangeaisons entre les orteils, peau blanche et macérée, fissure au fond du pli : le pied d'athlète est la mycose cutanée la plus fréquente. Bénigne en apparence, elle ouvre la porte à des infections bactériennes sérieuses. Cette page explique comment la reconnaître, la traiter et repérer ce qui doit alerter.

Comment reconnaître une mycose des pieds ?

La forme la plus courante siège entre les orteils, surtout dans le dernier espace, celui qui est le plus fermé. La peau y devient blanche, épaisse et humide, se décolle par lambeaux, et une fissure douloureuse se forme au fond du pli. Les démangeaisons sont fréquentes mais pas constantes.

D'autres formes existent. L'atteinte de la plante et des bords du pied donne un aspect sec et farineux, avec une desquamation fine qui dessine des contours en mocassin ; elle est souvent prise pour une simple sécheresse cutanée. Une forme plus inflammatoire s'accompagne de petites vésicules, surtout sur la voûte plantaire, avec des démangeaisons vives.

Plusieurs affections ressemblent à une mycose : un eczéma de contact lié aux colles ou aux teintures des chaussures, un psoriasis plantaire, une dyshidrose. Une atteinte qui ne cède pas après deux à quatre semaines de traitement local bien conduit doit être réévaluée plutôt que prolongée. Chez l'enfant, l'atteinte des espaces entre les orteils est plus rare et mérite un avis.

Où l'attrape-t-on ?

Le champignon se transmet par des squames de peau laissées au sol, dans les endroits chauds et humides où l'on marche pieds nus : piscines, douches et vestiaires collectifs, salles de sport, hammams, mais aussi la salle de bains familiale.

Les facteurs qui décident de l'installation sont locaux. La transpiration abondante, les chaussures fermées portées toute la journée, les chaussettes synthétiques, les pieds mal séchés après la douche et les activités sportives prolongées créent exactement le milieu que le champignon recherche. Les orteils serrés les uns contre les autres retiennent l'humidité, ce qui explique la localisation préférentielle dans les derniers espaces.

Certaines conditions favorisent les formes étendues ou récidivantes : diabète, immunodépression, artériopathie, obésité, troubles de la statique du pied. Enfin, une mycose des ongles non traitée entretient la mycose de la peau, et l'inverse est vrai également : traiter l'une en ignorant l'autre programme la rechute.

Comment se traite le pied d'athlète ?

Le traitement de référence est un antifongique local, sous forme de crème, de gel, de poudre ou de solution, appliqué sur toute la zone atteinte et un centimètre autour. Plusieurs de ces produits sont disponibles en pharmacie sans ordonnance, avec le conseil du pharmacien.

Deux règles font la différence entre un traitement qui marche et un traitement qui échoue. La première est la durée : il faut poursuivre l'application jusqu'au terme indiqué, en général plusieurs semaines, et ne pas arrêter dès la disparition des démangeaisons, sinon les champignons résiduels repartent. La seconde est le séchage : appliquer une crème sur une peau macérée entretient l'humidité, alors qu'une poudre ou un gel conviennent mieux aux plis suintants.

Un traitement pris par la bouche relève d'une ordonnance et se discute dans les formes très étendues, résistantes, associées à une atteinte des ongles ou survenant sur un terrain fragile. Les corticoïdes locaux appliqués seuls, souvent utilisés par erreur contre les démangeaisons, aggravent la mycose.

Pourquoi cela revient-il si souvent ?

Parce que la source de recontamination est rarement traitée en même temps que la peau. Les chaussures, les chaussettes et le tapis de bain gardent des squames infectantes, et une mycose d'ongle non traitée sert de réservoir permanent.

Les mesures qui réduisent réellement les rechutes sont simples et constantes : sécher méticuleusement entre les orteils, y compris avec un peu de papier absorbant ; changer de chaussettes chaque jour et les laver à la température recommandée pour le textile ; alterner les paires de chaussures pour qu'elles sèchent entièrement entre deux ports ; porter des sandales dans les douches collectives ; ne pas partager serviettes et tapis de bain pendant l'épisode.

Une poudre antifongique dans les chaussures pendant la période de traitement est souvent conseillée. Enfin, une transpiration excessive des pieds peut se traiter pour elle-même : c'est parfois la seule façon d'interrompre une série de récidives chez un sportif.

Quelles complications faut-il connaître ?

La complication qui compte est bactérienne. La fissure entre les orteils est une porte d'entrée idéale pour des streptocoques, et l'infection qui en résulte, la dermohypodermite bactérienne appelée aussi érysipèle, atteint la jambe et non plus seulement le pied.

Le tableau est facile à reconnaître : une plaque rouge, chaude, douloureuse et d'extension rapide sur la jambe ou le pied, accompagnée d'une fièvre et de frissons, parfois d'un ganglion douloureux au pli de l'aine. Il s'agit d'une urgence médicale qui relève d'une antibiothérapie, pas d'un traitement antifongique. Le traitement de la mycose interorteils fait d'ailleurs partie de la prévention des récidives d'érysipèle.

Chez la personne diabétique, une fissure ou une lésion de grattage peut évoluer en plaie chronique du pied, avec un risque de surinfection profonde. C'est la raison pour laquelle la surveillance des pieds fait partie du suivi du diabète et pour laquelle toute lésion, même minime, y est prise au sérieux.

Quand consulter en urgence ?

La mycose elle-même n'est pas une urgence ; ce qu'elle peut déclencher en est une.

Appelez un médecin le jour même, ou rendez-vous aux urgences, devant : une rougeur chaude et douloureuse qui s'étend sur le pied ou la jambe, surtout avec de la fièvre ou des frissons ; une plaie qui coule, du pus, une odeur inhabituelle ; une douleur importante disproportionnée par rapport à l'aspect ; une traînée rouge remontant vers le genou ; un gonflement brutal du mollet. Une confusion, un malaise ou une fièvre élevée chez une personne âgée imposent un appel au 15.

Consultez sans attendre, même sans ces signes, si vous êtes diabétique, artéritique, immunodéprimé, sous traitement immunosuppresseur, si vous avez une neuropathie ou des œdèmes chroniques des jambes. Enfin, une lésion qui ne guérit pas après quatre semaines de traitement local bien conduit doit être réexaminée : toutes les peaux qui pèlent entre les orteils ne sont pas des mycoses.

Peut-on traiter une mycose des pieds sans ordonnance ?

Oui dans les formes simples et limitées : plusieurs antifongiques locaux sont disponibles en pharmacie, avec le conseil du pharmacien. L'avis médical devient nécessaire en cas d'atteinte étendue, de fissure profonde, d'échec après quatre semaines, d'ongles atteints, ou sur terrain diabétique, artéritique ou immunodéprimé.

Combien de temps faut-il appliquer la crème ?

Jusqu'au terme indiqué sur la notice ou par le médecin, en général plusieurs semaines, et pas seulement jusqu'à la disparition des démangeaisons. L'arrêt prématuré est la première cause de rechute, car les champignons persistent dans la couche superficielle de la peau bien après la fin des symptômes visibles.

Faut-il traiter aussi les chaussures ?

C'est fortement conseillé pendant l'épisode. Les chaussures gardent des squames infectantes, ce qui explique une partie des récidives. Une poudre antifongique, l'alternance des paires pour qu'elles sèchent entièrement et l'aération après chaque port sont les mesures les plus utiles.

La mycose des pieds est-elle contagieuse ?

Oui, essentiellement par le sol et par le linge. Le risque se réduit fortement avec quelques habitudes : sandales dans les douches collectives, serviette personnelle, tapis de bain lavé régulièrement et pas de partage du coupe-ongles. Il n'y a pas lieu d'isoler la personne concernée ni de désinfecter tout le logement.